Le filet d’Indra

Chez les bouddhistes

emprunté de :

http://www.lesmandalas.net/mandalas-sacres/Asie/Le-filet-d-Indra.html#2

1. La doctrine bouddhique est enseignée dans des textes appelés sutras. L'un deux, « texte fondamental de l'école Kegon » se nomme l'Avatamsaka Sutra (1) ou Sutra de la Guirlande de fleurs. Dans ce texte, se trouve une métaphore de l'univers: le filet d'Indra.
Nous avons trouvé le texte de cette métaphore sur le site de
Phil Servedio qui cite un livre de Francis H. Cook, the Avatamsaka Sutra: Hua-Yen Buddhism: The jewel net of Indra - 1977 :

« Très loin dans la demeure céleste du Grand Dieu Indra, se trouve un filet merveilleux,   accroché par des artisans ingénieux de telle sorte qu'il s'étend à l'infini dans toutes les directions. Conformément aux goûts prodigues des dieux, l'artisan a suspendu un joyau unique et étincelant à chaque noeud du filet et de même que le filet lui-même est infini en dimension, les joyaux sont infinis en nombre. Là, pendent les joyaux, étincelants comme des étoiles de première grandeur, une vision merveilleuse à percevoir.   Si maintenant nous sélectionnons arbitrairement l'un de ces joyaux pour l'examiner et l'observer avec attention, nous découvrirons que sur sa surface brillante se reflètent tous les autres joyaux de la toile, infinis en nombre. Et non seulement cela, mais chacun des joyaux réfléchi dans ce joyau singulier reflète également tous les autres de telle sorte que le processus de réflexion est infini. »

2. Dans son livre « La vision profonde », Thich Nhat Hanh explicite cette métaphore en prenant l'exemple du corps humain. Chaque organe est indispensable au bon fonctionnement de l'ensemble tout en ne pouvant vivre par lui-même. Il y a une interdépendance absolue entre toutes les parties du corps :

« nous nous rendons compte que chaque organe dans le corps implique l’existence des autres. Ceci est appelé « l’interdépendance de toutes choses », ou « inter-être » dans le Soutra Avatamsaka. La cause et l’effet ne sont pas perçus comme linéaires, mais comme un filet, non pas composé de deux dimensions, mais plutôt d’un système de mailles innombrables entremêlées dans toutes les directions dans l’espace multidimensionnel. Non seulement les organes contiennent en eux-mêmes l’existence de tous les autres organes mais chaque cellule contient en elle-même toutes les autres cellules. Une est présente dans toutes et toutes sont dans chacune. Ceci est exprimé clairement dans le Soutra Avatamsaka : « L’un est dans tout, tout est dans l’un. »

(...) la présence d’une cellule implique celle de toutes les autres, parce qu’elles ne peuvent pas exister indépendamment, séparées les unes des autres. Un maÎtre zen vietnamien du XIIe siècle a dit un jour : « Si un grain de poussière n’existe pas, l’univers tout entier ne peut pas exister. » En observant un grain de poussière, un être éveillé voit l’univers.

(...) Quand nous comprenons profondément le principe de l’interdépendance, nous nous apercevons que ce sens de la séparation est erroné. Chaque objet est composé de et contient tous les autres.

3. Etonnamment, cette métaphore a trouvé un écho particulier dans la physique des particules. Le physicien Fritjof Capra a mis en évidence un parallèle entre les dernières recherches scientifiques et les traditions Indo-bouddhiques. Cette recherche est parue dans son premier livre, Tao de la Physique. Cet ouvrage, après des débuts confidentiels, a connu un succès grandissant par le bouche à oreille jusqu'à être repris par un grand éditeur, réédité puis traduit dans de nombreuses langues.

Net - La Toile d'Indra – de la mythologie Hindoue:

Une bonne explication du mythe Hindo-bouddhiste de la toile d'Indra peut être trouvée, entre autres, dans le Tao de la physique de Fritjof Capra: "...les particules sont composées de manière dynamique , en cohérence l'une avec l'autre et en ce sens, on peut dire que l'une “contient” l'autre. Dans le bouddhisme Mahayana, une notion très similaire s'applique à l'ensemble de l'univers. Ce réseau cosmique d'éléments s'interpénétrant est illustré dans le Sutra Avatamsaka par la métaphore du filet d'Indra, un vaste réseau de gemmes précieux accroché autour du palais du dieu Indra. Le voici décrit par Sir Charles Eliot:

Dans le Paradis d'Indra, il est dit que se trouve un filet de perles, agencé de telle sorte que si vous regardez l'une, vous verrez toutes les autres réfléchies en elle. De la même façon, chaque objet dans le monde n'est pas seulement lui-même, mais inclus tous les autres objets et, en fait, EST tout le reste. « En chaque particule de poussière, sont présents des Bouddhas sans nombre »

La similitude de cette image avec le « hadron bootstrap »(2) est vraiment frappante. La métaphore du filet d'Indra peut à juste titre être considérée comme le premier modèle de bootstrap, créé par des sages Orientaux quelques 2500 ans avant l'apparition de la physique des particules. » Fritjof Capra - Le temps du changement – Chapitre 8 (1982)

4. Pour terminer, la notion d'inter-relation peut également être trouvée dans l'oeuvre de l'ésotériste Alice Bailey. En voici un extrait:

« le corps éthérique individuel n'est pas un véhicule humain isolé et séparé, mais il est, sous un aspect particulier, une partie intégrante du corps éthérique de cette entité que nous avons appelé la famille humaine ; ce règne de la nature, par le truchement de son corps éthérique, est une partie intégrante du corps éthérique planétaire ; le corps éthérique planétaire, à son tour, n'est point séparé des corps éthériques des autres planètes ; mais l'ensemble de ceux-ci, y compris le corps éthérique du soleil, constitue le corps éthérique du système solaire. Celui-ci est relié aux corps éthériques des six autres systèmes solaires qui, avec le nôtre, forment une unité cosmique ; c'est à travers eux que s'épanchent les énergies ainsi que les forces de certaines grandes constellations. Le champ de l'espace est de nature éthérique et son corps vital est composé de la totalité des corps éthériques de toutes les constellations, systèmes solaires et planètes que l'on trouve dans son sein. Au travers de cette trame d'or cosmique intervient une circulation incessante d'énergies et de forces, et ceci constitue la base scientifique des théories astrologiques. De même que les forces de la planète et de l'homme spirituel intérieur (pour ne mentionner qu'un seul facteur parmi tant d'autres) s'épanchent à travers le corps éthérique de l'individu sur le plan physique, et conditionnent son expression extérieure, ses activités et ses qualités, de même, les diverses forces de l'univers s'épanchent à travers toutes les particules du corps éthérique de cette entité que nous appelons espace, conditionnent et déterminent son expression extérieure, les activités et les qualités de toute force se trouvant à l'intérieur de la périphérie cosmique. »
Traité sur les 7 rayons – Astrologie Esotérique




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  1. 1.« L’AvatamsakaSutra est un ensemble de sutras du canon sanskrit exposant les pouvoirs du Bouddha et de ceux qui atteignent l’Eveil »

  2. 2.« (...) le principe de  bootstrap , introduit en physique quantique par Geoffrey Chew et selon lequel chaque particule est ce qu'elle est parce que toutes les autres particules existent à la fois. Dans un certain sens, toute particule est faite de toutes les autres particules. »
    «Le fondement de l'approche bootstrap est l'idée que la nature ne peut être réduite à des entités fondamentales, comme des blocs de matière, ni à aucune loi, équation ou principes fondamentaux. L'univers est vu comme un tissu dynamique d'événements interreliés.» (Entrevue avec Fritjof Capra dans Ken Wilber, Le paradigme holographique, Éditions Le Jour.)

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